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Lorsque
les derniers passagers ont atterri et que l’interdiction de
vol nocturne commence, les lumières s’éteignent
sur l’aéroport de Francfort sur le Main. Sauf sur la
piste Nord : là-bas, des centaines de projecteurs éclairent
la piste d’atterrissage. Des douzaines de spécialistes
de la construction apparaissent ponctuellement pour l’enregistrement.
Après avoir passé le contrôle de sécurité,
ils ne montent pas de passerelle, mais traversent résolument
la piste d’atterrissage : au lieu de partir en vacances, ils
vont au travail. Tous sont à l’heure pour le début
du service à 22 h 30 . Et il n’en faut pas moins, car
le temps presse. Avant que les premiers avions n’amorcent
leur atterrissage le lendemain matin à 6 h, l’équipe
doit avoir cassé exactement 15 x 60 m de piste, réalisé
une nouvelle sous-couche et posé une nouvelle couche de roulement.
Mieux vaut avoir les nerfs solides : c’est le premier chantier
« just-in-time » de ce genre dans le monde entier. Aucune
panne ni aucun contre-temps n’ont été inclus
dans le planning.
« Ce chantier est un challenge
pour tous les participants – pour le personnel de chantier
aussi bien que pour nous en tant que constructeur de finisseurs
et prestataire de services », dit Dieter Schwenninger de VÖGELE.
Il est à bord depuis le début pour adapter méticuleusement
les finisseurs du type SUPER 1900 et SUPER 2100 aux exigences de
ce chantier extrême, et conseiller l’entreprise de construction
sur les questions techniques. La société Kirchhoff-Heine
Straßenbau GmbH & Co. KG de Langenargen a reçu
l’adjudication pour ce contrat. Seulement 9 entreprises avaient
soumissionné à l’appel d’offre –
pas étonnant, si l’on considère la difficulté
de la tâche.
« Nous ne planifions
pas en heures, nous comptons en minutes »
Les expériences avec des projets comparables sont rares dans
la profession, le risque est élevé. « Tout est
dans la logistique », dit Volker Zintel de Fraport AG. «
Nous ne planifions pas en heures, nous comptons en minutes. »
Pendant un an, Fraport AG s’est préparée à
la réfection. Jusqu’à l’été
2005, Kirchhoff-Heine pose les pistes en 296 services de nuit. Les
coûts s’élèvent à 38 millions d’euros.
Pour chaque engin de chantier,
un véhicule de remplacement est disponible. En cas de panne
et de réparation sur place, le planning ne pourrait plus
être respecté. C’est pourquoi chaque machine
est en position, chaque ouvrier spécialisé a sa mission
bien définie. Dans la flotte des finisseurs VÖGELE,
le choix est tombé sur les SUPER 1900 et 2100 équipés
de tables TP2 à haut pouvoir de compactage.
Plus la piste est plane, moins
il y aura de vibrations
Les ingénieurs de VÖGELE ont réglé
avec précision les engins de construction routière
sur place en fonction du matériau, en concertation avec le
personnel spécialisé ; les exigences de planéité
et de précision du profil sont analogues à celles
de la construction routière. Plus la surface posée
est plane, moins les avions vibreront lors de l’atterrissage.
La particularité est
le matériau : après des essais approfondis, les experts
en construction de l’aéroport de Francfort ont porté
leur choix sur un mélange bitumineux haute technologie avec
des adjuvants synthétiques. L’avantage : le mélange
peut être posé à des températures relativement
basses et compacté directement. De manière générale,
la température est un paramètre problématique
de ce projet de construction. Il reste peu de temps pour le refroidissement
et le durcissement du revêtement. Le bitume est entreposé
dès l’après-midi près de la piste pour
être disponible pour la pose pendant la nuit. Le matin à
6 heures, le revêtement doit déjà être
suffisamment dur pour supporter le poids d’un jumbo jet.
Le bitume fume encore alors
que les premiers jumbo jets s’approchent
Mais cela n’est possible que lorsque la météo
joue le jeu. En cas de trop grande chaleur, la dureté requise
pour le revêtement bitumineux n’est pas atteinte à
temps, c’est pourquoi ces nuits-là sont des «
congés canicule ». Mais de fortes pluies ou un froid
cinglant aussi immobilisent les VÖGELE au sol.
Ce soir, sur le chantier haute
sécurité en plein milieu de l’aéroport,
deux finisseurs sur chenilles du type SUPER 1900 et 2100 se tiennent
à nouveau prêts. Mais les machines de VÖGELE se
trouvent encore en circuit d’attente. D’abord, ce sont
les pelles mécaniques équipées de marteaux
brise-roche qui démarrent. Elles brisent le revêtement
en béton ondulé de la piste qui a porté les
tonnes de charge des avions Boeing et Airbus décollant et
atterrissant pendant plus de 30 ans – dernièrement
200.000 mouvements de vol par an avec jusqu’à 300 t
de poids par avion. Sur le sol de gravier ou de sable compacté,
les bouteurs répartissent d’abord une couche de bitume
de 24 cm. Cette première étape ne peut être
effectuée par les finisseurs parce que des tubes creux de
22,5 cm de diamètre y sont intégrés pour les
feux de balisage de la piste d’atterrissage. Les finisseurs
VÖGELE se chargent ensuite de la pose de la deuxième
couche, également épaisse de 24 cm.
Chaque finisseur du type SUPER 1900 et SUPER 2100 pose l’enrobé
bitumineux à une température de 125–135°C
à une vitesse de 2 m/min. La pose à de si basses températures
est possible grâce à l’emploi d’une cire
bitumineuse.
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| Il ne s’agit
pas de faire semblant : le travail de précision des différentes
machines doit parfaitement s’accorder. |
Les premiers
avions atterriront ici dans deux heures. Jusque-là, le
bitume doit encore refroidir de 40°C. |
1400 t de bitume en quatre
heures et demie
Un bitume normal devrait être plus chaud d’environ
50°C. Le revêtement est terminé par une couche
de liaison de 12 cm, formant ainsi une structure totale d’environ
60 cm de bitume spécial. Les finisseurs ont quatre heures
et demie pour réaliser ce travail.
Le degré de compactage obtenu avec la table à haut
pouvoir compactant TP2 s’élève à environ
85%, avant que quatre compacteurs Hamm du type DV-8 roulent sur
la piste. Après quoi la température est toujours de
100°C. En une heure et demie, la piste doit encore refroidir
de 15°C pour que les avions puissent atterrir sans endommager
les pneus et le bitume. Mais les équipes spécialisées
ne produisent pas seulement une piste avec 1.400 t de bitume spécial
: chaque nuit, ils évacuent également la même
quantité de débris, installent les feux de balisage
souterrains et appliquent des marquages de couleur au sol. Enfin,
tôt le matin, le chantier est remis « en état
débarrassé et propre ». Toutefois, la piste
haute technologie n’est toujours pas terminée : les
bandes sont posées perpendiculairement à la chaussée,
mais la dernière couche d’usure doit être parallèle
à la direction de décollage et d’atterrissage
des avions. C’est pourquoi, toutes les sept semaines, l’activité
frénétique sur le Fraport croît encore. Les
pelles peuvent faire une pause de cinq nuits. A leur place, quatre
fraiseuses à froid Wirtgen font leur entrée. Celles-ci
enlèvent 4 cm de la couche de liaison supérieure sur
une largeur de 2 mètres, suivies de près par les finisseurs
VÖGELE.
Nouveau fraisage toutes
les sept semaines
Au cours de ces nuits, les quatre machines entrent
en action ; deux SUPER 1900 et deux SUPER 2100 posent le revêtement
dans le sens de la longueur au lieu de perpendiculaire. Ils compensent
le fraisage en posant 4 cm d’enrobé à liant
polymère modifié dans le sens de la longueur à
une vitesse de pose de 5m/min. La raison : les bandes posées
en travers provoquent nettement plus de vibrations lors des décollages
et des atterrissages. Le manager de l’aéroport, M.
Zintel, se déclare satisfait car « aujourd’hui,
nous sommes dans les temps ». Son soulagement est compréhensible,
car à Francfort, chaque nuit est une épreuve pour
les nerfs. Lorsqu’un vol du soir décolle pour les Etats-Unis
et traverse l’Océan Atlantique, les passagers ne se
doutent pas que leur piste d’atterrissage à Francfort
est en train d’être arrachée. Lorsque la section
de piste est à nouveau revêtue et que les passagers
sont heureux de retrouver la terre ferme, les fraiseuses à
froid Wirtgen, les finisseurs VÖGELE et les compacteurs Hamm
ont à nouveau accompli leur mission sous les projecteurs.
Le travail sur la piste d’atterrissage Nord est loin d’être
habituel, pas même pour Dieter Schwenninger : « C’est
le chantier le plus impressionnant que j’aie jamais vu. »
Et Dieter Schwenninger en a déjà vu beaucoup, des
chantiers.
La mission :
Maître d’ouvrage :
Projet :
Durée des travaux :
Achèvement :
Entreprise de construction :
Les engins de chantier :
Les matériaux :
Couche de base :
Couche de roulement :
Données de pose : |
Frankfurt Airport AG
Réfection de la piste Nord
12 mois
Eté 2005
Kirchhoff-Heine Straßenbau GmbH & Co. KG, Langenargen
VÖGELE SUPER 1900, VÖGELE SUPER 2100 Compacteurs
Hamm DV-8, fraiseuses à froid Wirtgen W 2000
Enrobé basse température Sasobit avec adjuvant
de cire pour bitume, pose : 2m/min,
épaisseur totale : 60 cm
Enrobé à liant polymère modifié,
pose : 4 m/min, épaisseur : 4cm
1.400 t en 4,5 heures sur environ 900 m2, température
de pose : 125 – 135°C |
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